C’est avec  bonheur que j’ai entendu cette réflexion d’une femme qui s’attardait devant une de mes peintures car  s’il me faut du temps pour construire et réaliser ces portraits il faut aussi du temps au visiteur pour les découvrir : «  on ne les voit pas mais elles sont là ! »
Quant aux sculptures c’est aussi en ajoutant les uns aux autres des vêtements qu’elles se construisent pour correspondre à l’idée de départ, l’évocation d’un personnage. La recherche de ces vêtements peut être très longue; leur couleur, leur matière, leur coupe, influence mon choix chez les fripiers ou centre Emmaüs  car ce ne sont pas de quelconques vêtements. Je les choisi pour leur caractère, leur élégance… Je les choisi pour leur passé.  
Si ces vêtements sont l’image du corps de la femme, ils le sont aussi de son esprit.
Utiliser ainsi le vêtement n’est pas nouveau. Au 17e et 18e siècle les kimonos peints sur des paravents Japonais évoquaient des présences féminines.  C’est bien à partir d’une robe de chambre identique à celle que portait Balzac pour écrire que Rodin fit son portrait. Boltanski par ses accumulations de vêtements usés parle de souffrance et de disparition. Journiac  utilisait le vêtement comme médium, « ce par quoi le corps peut être approché » …
               Profondeur nostalgique des vies dessinées en creux …